lundi 18 avril 2011

Echos de la Rencontre des Équipes Pastorales Paroissiales à Saint-Malo

UN ARTICLE SUR LA RENCONTRE DIOCÉSAINE DU 26 MARS A SAINT-MALO.

Le 26 mars 2011, les EPP (Équipes Pastorales Paroissiales) et les « animateurs jeunes » des paroisses et des mouvements et services ont été invités à une rencontre autour de l’Année « Mission Jeunes » sur le terrain de la Pastorale des Jeunes situé sur le domaine des Sœurs des Chênes à Paramé. Au programme de cette rencontre : des témoignages de jeunes, une parole de l’archevêque sur le pourquoi de l’Année Mission Jeunes et cette journée, deux interventions sur « Les jeunes une chance pour la société et pour l’Église », des échanges entre les participants.


Les objectifs de cette journée ont été présentés par Mgr Pierre d’Ornellas : encourager tous ceux qui font quelque chose au service des jeunes ; provoquer d’une manière ou d’une autre un partage, une réflexion, une relecture pour que les adultes passent de la question « Que peut-on faire pour les jeunes ? » à la question « Jeune, que penses-tu de toi-même ? » ; évaluer avec lucidité et humilité ce qui a déjà été fait pour passer à un autre critère que celui des chiffres, celui de la joie reçue quand un jeune se met en route avec plus de vérité.

En ouverture, deux jeunes collégiennes prénommées toutes deux Jeanne, ont exprimé les désirs de leur classe d’âge, en particulier la création d’un orchestre jeune pour l’animation des messes. Maylis Turpin, cheftaine SUF et ambassadrice des JMJ, a rappelé que les « jeunes sont l’Église d’aujourd’hui et pas uniquement celle de demain », en demandant aux adultes de « ne pas hésiter à aller vers les jeunes ». Le père Gaël Sachet, ordonné en 2009, a déclaré à partir de son expérience à Vitré : « Ils ont soif de vérité et d’authenticité, besoin de lieux d’écoute, de paroles et de confiance, et un désir : que la Parole de Dieu leur soit rendue accessible ».

François Le Clère, éducateur spécialisé au Val d’Argenteuil, a répondu à deux questions : « Qu’est-ce que la jeunesse ? » et « Est-ce que la jeunesse est une chance pour la société ? » En précisant que « la jeunesse est un défi avant d’être une chance », qu’il faut « les accepter tels qu’ils sont, ce qui implique une déconstruction de nos représentations par le dialogue et la rencontre », en « osant se risquer au témoignage ».

Le frère François Combeau, dominicain,(*) a brossé le portrait du jeune : « Il est juste, avec un sens critique très aiguisé, exigeant avec des goûts de luxe, sensible », en mettant lui aussi l’accent sur ses soifs, celle de Dieu avant tout, et ce même s’il n’en a pas conscience, mais aussi de confiance et d’aimer et d’être aimé.

Après les échanges entre participants, et une table ronde avec les deux intervenants et l’archevêque, ce dernier a demandé aux membres des EPP d’oser des initiatives au bénéfice des jeunes, de leur faire confiance, et d’accueillir leurs propositions même si elles sont dérangeantes. Et Mgr d’Ornellas a conclu en s’adressant à l’assemblée : « Osez le partage d’expériences en vous donnant du courage. Nous nous évangélisons mutuellement en acceptant d’être bousculés ».

(*) Le frère François Combeau a publié en 2009 aux éditions de la Licorne, « Heureux les jeunes de cœur ».

Edith Castel
Article paru dans Église en Ille-et-Vilaine n°197 - 11 avril 2011
et sur http://rennes.cef.fr

lundi 11 avril 2011

Quelques photos du 26 mars à Saint-Malo

A revoir... quelques photos de la journée du 26 mars à Saint-Malo où étaient rassemblées les Équipes Pastorales Paroissiales du diocèse et des jeunes.
Sur le site du diocèse :
http://catholique-rennes.cef.fr/?Rassemblement-diocesain-des,4728

A signaler aussi sur ce site : une rubrique spécifique qui rassemble les infos autour de l'Année Mission jeunes du diocèse de Rennes... http://rennes.cef.fr/missionjeunes

jeudi 7 avril 2011

Messe Chrismale

Le Mercredi Saint (20 avril) sera célébrée la Messe Chrismale à la Cathédrale de Rennes à 19h. Pour l'Année Mission Jeunes, Mgr d'Ornellas a tenu a invité spécialement les animateurs de jeunes et les jeunes à vivre ce temps fort de la vie du diocèse. Des places leur seront réservées.

lundi 4 avril 2011

Faire de la jeunesse une chance. intervention de F. Le Clère

Voici le texte enrichi de l'intervention de Fr. Le Clère. Vous pouvez le copier-coller. Ou nous en demander une version par courriel à contact@yaka35.cef.fr
Bonne Lecture.

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Eduquer à la responsabilité : faire de la jeunesse une chance.

François Le Clère

Walid : Il y en a, ils se font des rêves. Ils voient la réalité. Ils disent que de toute façon, ça tu vas le faire un moment et après tu pourras plus le faire. Tu pourras plus en vivre. Ce qui fait que t’es obligé de te débrouiller.
Nadir : Ben oui … Tu vas pas voler des kinders. Toute ta vie tu vas pas aller voler des ... Cela y est ! Au bout d’un moment t’as le choix entre aller vendre du cheat et aller travailler. Entre te poser avec une meuf et aller voir les putes. Tu choisis. Il y a le mec c’est un bonhomme il préfère aller travailler. Se faire de l’argent sur son mérite. Il y a le mec, l’autre c’est un flémard ou il a pas envie de travailler.
Nadir : T’as toujours le choix.
Walid : Non, il y en a qui ont pas le choix. Un moment, ils ont plus le choix.
Nadir : On est en France il faut pas délirer. La vie de ma mère, t’as toujours le choix.
Walid : Il y a une certaine période, tu n’as plus le choix.
Nadir : Cite un exemple anonyme. Bip.
Walid : Mériem. Il a plus le choix, tu veux qu’il fasse quoi ? Tu veux qu’il fasse quoi ?
Walid : Ou il a pas le choix. Tout simplement, parce qu’il y en a qui n’ont pas le choix. [ENT Nadir / Walid, p : 26]

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Ouverture :
Je vous suis très reconnaissant de m’avoir invité. Je souhaiterais dire d’où je vais vous parler mais au fil de mon propos vous apprendrez à me connaitre et saisir comment à partir de mes expériences j’ai tenté de vous adresser cette communication. Je m’appelle François Le Clère, j’ai 32 ans. J’ai été éducateur de rue pendant 8 ans, et directeur sur les 3 dernières années à l’association Le Valdocco à Argenteuil (95). Cette association a été créée par Jean Marie Petitclerc, éducateur et salésien de Don Bosco. Je suis actuellement doctorant-chercheur à l’université Paris 8 en contrat recherche avec l’Association des Maisons Don Bosco sur les questions liées à ce qu’on appelle le « décrochage scolaire » adolescent. Ce texte n’est pas un article de recherche mais bien le partage spontané de réflexion, m’appuyant à la fois sur mes pratiques d’éducateurs, sur des travaux récents en sciences humaines, mais aussi mes convictions. Nous parlons volontiers des « jeunes » en général, hors il me semble qu’il faut distinguer ce qu’est ce temps de l’adolescence avant la majorité et la situation particulière des 18-30 ans que les sociologues et les politiques publiques ont tendance à envisager comme un âge de la vie. Le risque être double : responsabiliser trop vite les adolescents en oubliant la place des adultes dont ils ont foncièrement besoin, et infantiliser les jeunes adultes en ne leur permettant pas d’accéder à des responsabilités sociales réelles. Je propose donc de donner quelques repères sur ce temps de l’adolescence, puis de soulever les questions que pose l’idée de jeunesse pour enfin poser la question : La jeunesse est-elle une chance pour la société ? Je parlerai de « répondant » (Res-pondere : répondre de quelque chose.) comme ce qu’adultes et jeunes auront à partager. Car ce qui fait une société ce sont ses liens et je dirais presque ses liens intergénérationnels. Ce dont nous souffrons c’est de la difficulté à rejoindre les jeunes et à construire avec eux. Peut-être dans un désir caché de séduction on voudrait bien les trouver super, dire que leur musique est intéressante, mais ce que cherchent les jeunes ce sont des adultes avec une histoire, une capacité à dialoguer et aller à leur rencontre. Des adultes qui s’assument en tant que tels et qui offrent la possibilité de liens et de lieux.
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1. ET SI ON PARLAIT D’ADOLESCENCE ?
Parler d’adolescence pourrait avoir un air répétitif tant on a l’impression que c’est quelque chose de connu : la fameuse crise d’adolescence. Ce concept d’adolescence est très discuté et développé par les psychologues et les sociologues. Il est interrogé dans diverses cultures par les ethnologues. Et pourtant, la question creuse toujours. Dans la perspective de recherche qui est mienne en Sciences de l’éducation, je pense d’ailleurs que c’est bien l’enjeu éducatif qui fait de l’adolescence un enjeu sociétal majeur. Face à la difficulté éducative ou à des comportements inattendus d’adolescents, la tentation est de crier à la nouveauté de la problématique adolescente. « Ils étaient difficiles avant mais aujourd’hui c’est plus pareil ! » me confie une éducatrice lors d’une analyse de pratiques. Cette problématisation de l’adolescence est marquée aujourd’hui par une pathologisation ou un étiquetage déviant. Le psychanalyste anglais, Donald Winnicott1 alertait à ce sujet : la crise d’adolescence ne signifie pas pathologie adolescente. L’adolescence doit être envisagée comme une période de développement de la personne. Il s’agit d’une étape de maturation tant psychologique que sociale nous allons le voir.
Un autre écueil pointe dès qu’il est question des adolescents : « De tous temps, les adolescents ont posé question, ont dérangé, etc. ». Il y aurait comme un relativisme à outrance. Ce relativisme me paraît aussi douteux que l’alarmisme. Il peut traduire une difficulté à faire face à l’inattendu de ces adolescents dont nous aurions la responsabilité.
L’adolescence, un temps de remaniement psychique et social
Lorsque l’on parle avec des adultes ou même avec des adolescents, il y a des constantes que l’on peut entendre quand il est question d’adolescence. Ce sont ces impondérables de l’adolescence. Le terme d’adolescent vient de la racine « adulescere » qui signifie grandir. L’adolescence est d’abord un temps du développement humain souvent confondu avec la puberté. C’est en effet une nouvelle organisation bio-psychologique de l’individu. Elle est une étape de développement physique que connaît chaque individu. L’enfant voit son corps se transformer en quelques années. Sa voix mue sa taille augmente et l’appareil génital se modifie. L’adolescent doit se réapproprier son corps, il doit faire sienne
1 WINNICOTT (Donald W.), « L’adolescence », 1962, in De la pédiatrie à la psychanalyse, Sept. 1992, Editions Sciences de l’homme Payot, 465 pages, pp : 399-408.
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cette nouvelle identité sexuelle. Ces métamorphoses corporelles tiennent beaucoup d’importance quant à l’image de soi et au développement affectif de l’adolescent.
Philippe Jeammet de son côté, rappelle que l’adolescence est un phénomène naturel, fruit de la maturation de l’être biologique. Cependant, elle a des incidences culturelles puisqu’elle aboutit « à la redistribution des rôles au sein du groupe social »2. Il distingue deux dimensions à l’adolescence :
- La dimension somato-psychique. Elle est liée aux transformations biologiques de la puberté et l’accès à la maturité sexuelle qui autorise les relations sexuelles.
- La dimension symbolique et culturelle. L’individu acquiert un nouveau statut social. Selon l’auteur, il accède à « une identité sexuée d’adulte et à de fonctions de production de travail et de reproduction dans la filiation ».
L’adolescence comme un passage
L’adolescence est donc moins un état qu’un passage. C’est le passage de l’état pubertaire à la maturité génitale, passage de l’enfance à l’âge adulte, de la dépendance familiale à une recherche d’autonomie (Rassial,1998). Dans ces passages de l’enfance au monde adulte, l’adolescence traverse des remaniements identitaires3, tant au niveau psychique que social. Jean-Marie Petitclerc4 caractérise ces passages par une succession de deuils :
- deuil de l’image idéale des parents,
- deuil de l’image idéale de soi,
- passage du rêve au projet.
Enfin, l’adolescence est présentée comme une crise. On entendra facilement : « Il fait sa crise d’adolescence. » En Sciences de l’éducation, Maurice Debesse travaillera cette question dans sa thèse sur « la crise d’originalité juvénile » dès 1936. Ce titre de Debesse ramène plutôt à la crise intérieure, aux mouvements internes de l’adolescent. J’attirerai l’attention sur le fait qu’aujourd’hui ce qui fait sens pour la majorité des adultes dans cette
2 JEAMMET (Philippe), Rituels à l’adolescence, in Revue de Neuropsychiatrie de l’enfance et de l’adolescence, n°89, août/septembre 1983, p :36.
3 Terme emprunté à Philippe Jeammet.
4 PETITCLERC (Jean-Marie), Les nouvelles délinquances des jeunes, Paris, 2001, Editions DUNOD, Collection Enfances, 177 pages.
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idée de crise c’est plutôt la crise d’autorité, ou la crise de la relation. Faut-il penser qu’il y aurait dans cette crise de la nouveauté ? Je me demande si ce n’est pas l’enjeu même de la crise qui est aujourd’hui déplacé. Quoiqu’il en soit crise d’adolescence est aujourd’hui liée à crise de l’éducation.
A dos, les sens ! Composer avec des références multiples dans une société plurielle
L’adolescence a été abordée comme processus de subjectivation, de construction psychique et identitaire. Mais ce n’est pas possible de l’aborder pleinement sans considérer son contexte social, familial, etc. Il ne serait pas pertinent d’évincer trop rapidement l’idée qu’une adolescence dans une cité de banlieue parisienne n’aura pas les mêmes rebondissements qu’une adolescence dans l’Allier. L’adolescence est à envisager dans son contexte, dans ses configurations sociales particulières. S’il est bien une caractéristique qui est posée au sujet par notre société plurielle c’est celle de composer dans cette pluralité de références une cohérence interne. Comment trouver du sens quand les sens sont « à-dos » ? Cela n’aura échappé à personne, une des dernières musique et danse à la mode est la « tecktonic ». Le mot n’arrive pas par hasard, et il traduit bien les mouvements permanents dans lesquels sont pris les adolescents. Ceux qui se souviennent de leurs cours de géologie se souviendront de la tectonique des plaques. Celle-ci est faite de mouvements de plaques rigides de la terre qui entrent en collision, qui s’éloignent ou qui parfois se confondent. Le système social dans lequel évoluent les jeunes est un système complexe, une société plurielle dirait le sociologue Bernard Lahire (2006). Chaque espace est spécialisé avec ses codifications, ses exigences, ses modalités langagières et culturelles. L’adolescent est pris aujourd’hui dans une « tecktonic » des univers sociaux, une confrontation des sens. La socialisation des adolescents se présente ici comme une socialisation plurielle dans des univers diversifiés.
Selon Bernard Lahire , la cohérence en éducation est plus évidente dans les sociétés dites traditionnelles. En effet, les sociétés traditionnelles se caractérisent par une forte cohésion sociale. Le degré important d’inter connaissance, la faible division des tâches et la faible différenciation des rôles, amène à une nécessaire cohérence. A l’inverse, précise-t-il, « les sociétés contemporaines sont incomparablement plus étendues du point de vue spatial comme du point de vue démographique, à forte différenciation des sphères d’activité, des institutions, des produits culturels et des modèles de socialisation et à moindre stabilité des
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conditions de socialisation.» 5. Il remarque que les « fervents de la cohérence éducative », rêvent d’une socialisation homogène et uniréférentielle. Dans un monde social fortement différencié, ce modèle vacille.
2. LA JEUNESSE ? LA PLACE DES JEUNES DANS LA SOCIETE FRANCAISE ET LE LIEN INTERGENERATIONNEL ?
D’une difficulté à quitter l’adolescence et à se faire une place
Si vous dites : la jeunesse est une chance… au sens « c’est sympa d’être jeune !! ». Je voudrais juste que vous vous rappeliez que le temps de l’adolescence et de la vie étudiante est un temps de remaniement identitaire, psychique et social profond. Dans ces moments de traversée, ce n’est pas toujours très facile de prendre place dans la communauté humaine et sociale. Nous pourrions imaginer que c’est la chance d’expérimenter, de laisser vivre, de laisser tenter leurs projets, mais avouez quand même que ce qui marque la famille d’aujourd’hui c’est bien plutôt le cocon de la sécurité et la peur tenaillée au ventre des parents de laisser leurs jeunes voguer. Peut-être aussi la peur tenaillée au ventre des jeunes eux-mêmes de lâcher la maison familiale. Le film Tanguy a eu un franc succès en la matière et les sociologues y ont fait leur beurre : ils ont appellé ça « l’effet Tanguy ». Et paradoxalement, un autre mot circule que j’entends ici et là dans la parole des animateurs : les « adulescents »… Les adulescents seraient ces adultes qui n’auraient pas quitté totalement l’adolescence tout en vivant une vie d’adulte. On peut se demander si ce n’est pas la société elle-même qui est adolescente dans le refus du choix, du deuil de l’immédiateté et du « tout est possible ». Là encore, je voudrais attirer votre attention : la jeunesse est une chance en tant qu’elle est un passage et non une fin en soi. Elle est une chance pour grandir, faire des expériences et se former.
La jeunesse : une préoccupation sociologique et socio-politique
Le rapport Schwartz inaugurait une nouvelle politique jeunesse et dessinait à travers la mise en place des missions locales une approche globale des jeunes. Un autre terme s’est alors adossé à celui de jeunesse : l’insertion sociale et professionnelle. Car telle a bien été la
5 LAHIRE (Bernard), 2006, op.cit., p :44.
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question : dans une période de difficultés économique et de chômage où des jeunes étaient les premières victimes, il fallait penser des dispositifs d’insertion sociale et professionnels nouveaux. Le sociologue, Olivier Galland, cherche à expliquer ce temps de la jeunesse et la manière dont cette réalité sociale s’est constituée avec l’allongement des études, la question du chômage, l’allongement du temps de vie au domicile familial.
Pour moi qui suis à l’Université, je pourrai aussi vous dire que la jeunesse est devenue un objet important de la recherche dans les années 80 comme champ spécifique de la recherche sociologique. Il y a peut-être aujourd’hui, à travers les médias mais aussi dans le champ de la recherche, une tendance à tribaliser les adolescents et par la méthode même de recherche à en faire une peuplade (Fize, 1991), comme une ethnie observable dans ses codes, ses cultures, ses identités. Et en même temps que se dessine ces caractères adolescents (la racaille en est une figure), se dresse un discours universaliste sur l’adolescent. Il n’est pas question d’adolescence dans l’abstraction. Il est question d’adolescents pris dans des relations institutionnelles et dans des interactions quotidiennes avec des adultes. Il me semblerait plus intéressant de réfléchir et de discuter sur le rapport adulte-adolescent plutôt que de chercher à définir et caractériser « les jeunes ».
Il n’y a pas que les chercheurs qui s’intéressent aux jeunes en multipliant les études, il y a aussi les commerciaux. Voyez les pubs des banques qui ont des jeunes comme publics cibles. La jeunesse est une chance, oui mais dans quelle société ? C’est vrai dans une société de consommation, on a bien compris le topo. Les jeunes sont des cibles publicitaires majeures, dans les quartiers on développe le street marketing et à Paris, les galeries Lafayette aident les mères à s’habiller en attirant les adolescentes. Les jeunes sont une vraie chance pour la société de consommation. Je ne pense pas qu’il y ait une « culture jeune » qui pourrait être définie comme LA culture des jeunes d’aujourd’hui. On aurait tendance à vouloir faire de l’utilisation excessive des médias et de l’attitude consumériste des caractéristiques de la jeunesse. Je ne pense. Elles sont les caractéristiques de notre société, de son développement, de ses nouvelles pratiques sociales et culturelles, et les jeunes, en miroir, les utilisent.
Il y a bien des pratiques culturelles des jeunes qui peuvent attirer notre attention : des pratiques festives, des pratiques musicales, des pratiques politiques. Je ferai remarquer au passage, puisque nous sommes à Saint Malo, et non loin de Rennes, que l’équipe de sociologie de Rennes est porteuse de recherches reconnues sur ces questions de jeunesse : je pense à Patricia Loncle, Isabelle Danic ou encore Christophe Moreau. Ces travaux une une
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compréhension peut-être plus fine des pratiques des jeunes. Ils montrent qu’il y a des formes de participation des jeunes à la vie sociale, allant de jeunes très vulnérables marqués par l’errance dans les festivals à des jeunes initiant de nouvelles pratiques politiques. Patricia Loncle montre, par exemple, comment les jeunes en Europe sont vecteurs de nouvelles formes d’engagement politique au-delà des partie politique. Il faut quitter un regard monolithique sur la jeunesse !
La jeunesse à l’abandon ou la question des choix politiques
En préparant cette communication, je ne pouvais que vous soutenir dans l’idée que la jeunesse est une chance dans une société pour s’adapter à des contextes nouveaux, pour réinventer des manières de faire société. Mais je ne pouvais m’empêcher de penser aussi à la manière dont les jeunes sont victimes sur le territoire français de discriminations et d’inégalités fortes. Le chômage des jeunes est du double de la moyenne nationale, l’accès aux soins et au logement est de plus en plus difficile pour des étudiants de plus en plus nombreux qui vivent sous le seuil de pauvreté. Dire la jeunesse est une chance, c’est interroger la communauté adulte sur ses choix politiques, n’est-ce pas ?
La jeunesse est un défi à la société avant d’être une chance. Le défi de la transmission et de l’éducation dans la confiance à l’adolescence, et le défi du partage des responsabilités à l’accès à la majorité. La jeunesse est une chance, à condition que jeunesse se passe. Car les sociétés ont besoin aussi d’adultes responsables et engagés qui opèrent des choix dans la vie. Parce que pour la société de consommation, une jeunesse zappeuse, consommatrice, qui réagit à l’affectif, c’est intéressant ça fait un bon marché. Elle est une chance pour la société, quand elle est mixité et mobilité. Quand elle ne s’enferme pas dans des ghettos de la débrouille et de l’embrouille.
Ces conditions pour devenir adultes ce sont les adultes qui en ont la responsabilité !
3. ETRE REPONDANT AU COTE DES JEUNES ET EDUQUER A LA RESPONSABILITE
Devenir responsable c’est accepter d’être en recherche et d’entreprendre
L’adolescence est ce temps d’émancipation progressive et d’autonomisation. Eduquer à la responsabilité dans cette plus délicate des transitions sociale et identitaire est un enjeu
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éducatif, mais aussi une tâche difficile. La notion de responsabilité peut-être angoissante pour l’adolescent. Elle le met dans un Idéal difficile à tenir tant il a une conscience aiguë de ses fragilités, tant il est lui-même pris dans des contradictions. Bien que tenté par les grandes aventures, l’adolescent a peur de ne pas être à la hauteur. Il sait qu’il a besoin d’adultes (même s’il dit le contraire). L’adolescent a souvent du mal à se fier à lui-même, à se faire confiance. Il aura besoin de l’éclairage de l’adulte pour accompagner ses engagements, ses prises de risque. L’éducation à la responsabilité n’est donc pas du côté de l’effacement de l’adulte. Il ne s’agit pas non plus de dire « vous faites comme vous le sentez ! ». L’adulte doit plutôt se faire rassurant et valorisant en impliquant les adolescents dans des actions concrètes. D’ailleurs, il n’y a pas de grands et de petits projets, il n’y a pas de grandes ou de petites responsabilités. En apprenant à être répondant de ce qu’il vit avec d’autre l’adolescent va pouvoir devenir un adulte responsable de ses actes. J’envisagerai donc cet apprentissage de la responsabilité à l’adolescence dans un double rapport entre « chercher ensemble » et « entreprendre de là où l’on est ».
L’adolescent doit répondre de la nouveauté en lui !
Dans nos vies, nos rencontres, nous sommes convoqués à répondre de tas de choses. Nous devons prendre des décisions, poser des actes qui ont des répercussions très concrètes. S’il est une responsabilité majeure qui prime (et qui parfois déprime) à l’adolescence c’est celle de l’être. L’être au monde et l’être à soi-même. L’adolescent en pleine ébullition existentielle cherche à se situer dans le monde où il vit. Il doit gérer ce qui s’exprime de nouveau en lui : changements corporels, pulsions, désirs, etc. L’adolescent quoiqu’on en pense à de sacré responsabilités sur les épaules. J’en pointerai deux qui le préoccupe énormément : sa sexualité et son avenir (orientation scolaire et professionnelle). Educateurs que nous sommes, nous aimerions préparer demain (et c’est bien notre devoir). Mais n’oublions pas l’actualité immédiate de l’adolescent que nous accompagnons.
Ensemble …
La responsabilité même si elle est assumée par une personne a quelquechose de collectif. Les adolescents ont une conscience vive de cette responsabilité collective. D’ailleurs le groupe sert d’étayage et de porte voix à la responsabilité de chacun. Il y a d’abord un « nous-responsable ». C’est souvent ce que vit un groupe scout quand il part en séjour pour rendre service à une association ou un groupe d’aumônerie quand il anime une veillée pour
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une maison de retraite. Les adolescents questionnent aussi les adultes en disant : « Vous nous demandez d’être responsable mais vous ? ». L’adolescence est un processus de subjectivation où le sujet se construit dans des rapports d’identification et d’affiliation. S’il y a une éducation à la responsabilité c’est donc d’abord par la capacité des adultes à être dans des paroles qui ne soient pas du semblant. La dimension de la cohérence entre un dire, un faire et un croire est ici fondamentale. En quelque sorte par leurs provocations aux adultes, les adolescents cherchent à mieux comprendre comment ces adultes se sont dépatouillés avec leurs problèmes, avec leurs galères. Ils cherchent à « capter » ce qui anime cet adulte. L’adulte qui accompagne un groupe d’adolescent est donc d’abord convoqué à sa propre capacité à être responsable. A répondre de ses actes et de ses paroles.
… chercher à être répondant
J’accompagne individuellement des adolescents face à des difficultés familiales, scolaires, psychiques importantes. Quand je travaille avec ces adolescents je distingue deux notions : « avoir des réponses » et « être répondant ». Je ne pense pas qu’aujourd’hui un sujet responsable est un sujet qui a des réponses aux problèmes qu’il rencontre. En tout cas pas des réponses immédiates. J’ai tendance à penser qu’il doit répondre de ce qui lui arrive. D’une certaine manière qu’il est invité à « être répondant » de sa situation. En effet, les adolescents ne sont pas dupes. Tout seul ils ne peuvent pas construire un monde plus juste ? Il y a des enjeux économiques, politiques ou sociaux qui sont l’affaire d’autres. Il n’est pas inintéressant de confirmer à ces adolescents qu’en effet les responsabilités sont partagées et à différents niveaux. Mais ce premier constat d’impuissance face à des problèmes complexes de la société peut rapidement devenir la raison d’une désespérance et d’un désengagement des adolescents. Ils nous disent : « de toute façon, on n’y peut rien ! », « qu’est-ce que ça va changer ? » ou encore « C’est foutu je laisse tomber ! ».
C’est là que pointe cette idée de responsabilité répondante. Devenir responsable c’est accepter de chercher, d’expérimenter et de tenter des chemins. Nos idées, nos solutions ne sont que provisoires. Elles ne sont jamais complètement satisfaisantes, mais elles sont ce qu’on pense le mieux au moment donné. Etre répondant c’est chercher par là où c’est jouable, vivable pour soi et pour les autres. C’est refuser de se résigner. Il n’est pas question de donner des réponses toutes-faites aux adolescents mais plutôt de les inviter à chercher, à dialoguer, à expérimenter. Pour le coup, il s’agit de partager du répondant. Assumer ensemble de
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nouvelles façons de vivre et d’agir, de co-habiter. Peut-être dans l’après coup, les adolescents pourront relire ce qu’ils ont vécu et découvrir comment ils ont su « être responsable ».
La responsabilité des adultes de croire
Elle est une chance à condition qu’elle s’accroche à une Promesse. A une terre promise, à un projet de vie… qu’elle ne se fasse pas errante et fade, qu’elle se risque. Les récentes études sociologiques montrent que les jeunes français sont les plus désespérés d’Europe. Ils ne croient pas en l’avenir alors qu’ils ont des conditions de vie que bien des pairs du même âge pourraient leur envié. C’est vrai en Europe les jeunes réinventent le monde demain. L’engagement politique et l’altermondialisme en est un exemple important. La pratique festive ou les re-création de liens par les réseaux sociaux en en est un autre. Mais… la question à mon avis est à décaler un peu… Vous savez ce que c’est pour moi la chance offerte à chaque homme ou chaque femme c’est de grandir. Et je crois que ce désir d’apprendre des autres, du monde qui nous entoure, cette capacité à agir ensemble tel est le défi de la jeunesse aujourd’hui.
En assumant notre responsabilité de rendre ces jeunes responsables et créateurs dans leur vie, nous leur redonnons confiance pour réussir à l’école, trouver un travail, s’épanouir dans une vie familiale. La foi en l’avenir, la confiance en soi et en l’autre, pour ces jeunes passe par la capacité des adultes à croire en eux. Croire en eux, c’est être pensant et croyant là où ils se présentent sans appel ! Croire en eux, c’est aussi croire en l’inaccompli. Il y a toujours un chemin à tenter et à vivre.

vendredi 1 avril 2011

"Faites-nous confiance" témoignage de Maïlys

Maïlys, 21 ans, paroisse Notre-Dame de Bonne Nouvelle (Rennes), étudiante en 5ème année à la fac de médecine de Rennes

Dans quel lieu tu rejoins les jeunes ?
Depuis quatre ans, je suis cheftaine de jeannettes chez les SUF de Rennes. Je fais également partie de l’équipe d’organisation et d’animation du Festival des Jeunes, qui est le pèlerinage à Lourdes organisé tous les ans par la Pasto des Jeunes du diocèse. Enfin, j’ai accepté d’être ambassadrice pour ma paroisse pour les JMJ de Madrid de cet été.

Quelle est ta joie comme animateur jeune au service des jeunes ?
Ma joie, comme animateur jeune au service des jeunes, c’est avant tout de redonner tout ce que j’ai appris, tout ce que j’ai reçu, depuis que j’ai commencé le scoutisme il y a quatorze ans, ou durant les deux Festivals auxquels j’ai participé en tant que « jeune ». C’est une sorte de devoir de transmission, mais pas dans le sens d’une obligation ; ce qui me rend heureuse, c’est de faire partie de cette grande chaîne. J’ai reçu quelque chose, à mon tour de redonner. Pour moi, c’est ce qui était à l’origine de mes engagements, ce désir de rendre service en quelque sorte pour remercier ceux qui s’étaient occupé de moi avant. Puis l’altruisme a très vite disparu, quand je me suis rendu compte que je recevais de ces enfants, de ces jeunes, infiniment plus que ce que je leur apportais. Quand je vois une jeannette, un jeune du pélé qui grandit dans son cœur, dans sa foi… cela vaut mille fois tout le temps et l’énergie qu’on a pu leur consacrer.
Mine de rien, tous mes engagements sont bâtis sur le même schéma, que ce soit le scoutisme, le Festival, mon rôle d’ambassadeur. On regroupe des enfants, des jeunes, qui n’ont pas forcément choisi de se retrouver et on essaie de grandir tous ensemble, avec nos différences.  L’exemple le plus flagrant, c’est ce qui se passe au Festival : les jeunes viennent des 4 coins de l’Ille et Vilaine (et même parfois de plus loin !), ont une relation à Dieu, une vie de Foi, des attentes vis-à-vis de ce pélé complètement différentes d’un jeune à l’autre. Et en 3 jours, une véritable fraternité s’est créée. Plus que de l’amitié, de la fraternité. Amis dans le Seigneur. Et cette grâce, Dieu a la bonté de nous l’accorder tous les ans la semaine qui suit le 15 août ! C’est au Festival que j’ai appréhendé pour la première fois cette notion d’Eglise.  

Comment les scouts, la paroisse, le pélé à Lourdes … t’ aident à croire en Dieu et à vivre à fond ta vie de jeune chrétienne ?
Au fil des années, le Festival est devenu un rendez-vous. Un rendez-vous avec Dieu, car je m’offre cette semaine comme un temps de ressourcement avant la rentrée, une semaine riche sur le plan spirituel avec des temps d’enseignements, de prière, des célébrations… Un rendez-vous avec Bernadette, la petite Bernadette de Lourdes, qui nous accueille dans ses montagnes pour trois jours de rando ; le bivouac, la marche dans la montagne, l’escalade du Béout, implique un certain dépouillement, un retour aux choses simples ; c’est un temps de déconnexion avec son environnement habituel, son train-train quotidien. Enfin, un rendez-vous avec les autres pèlerins, ces jeunes que je ne connais pas et que Dieu m’offre de rencontrer. Ce sont des cadeaux de Dieu. Grâce à eux, j’ai découvert 1001 manières d’aimer Dieu, de témoigner de sa foi, de prier ; j’ai découvert 1001 visages du Christ.

Quelle est leur joie d’être jeune et catho aujourd’hui ?
Je ne prétends pas parler au nom de tous les jeunes ; si vous vouliez vraiment en savoir plus, il faudrait que tous les ambassadeurs qui sont présents viennent prendre le micro. Les jeunes aiment ce qui est grand, ce qui est beau, ce qui est fort en émotions, ce qui a du sens pour eux. Ils aiment les grands temps forts, les rassemblements, Taizé, les JMJ ! Beaucoup aspirent aussi à une vie intérieure, à créer une relation personnelle avec Dieu ; alors ils font des retraites, des pélés. Ce qui est moins évident, c’est de vivre sa Foi au quotidien.

Qu’as-tu envie de dire aux adultes en face d’eux aujourd’hui ? Qu’attends-tu ?
Ce que j’ai envie de vous demander aujourd’hui, c’est : Faites-nous confiance, ne désespérez pas ! Les jeunes ne sont pas l’Eglise de demain, ils font partie de l’Eglise aujourd’hui, avec vous tous. Si d’aventure une jeune de votre paroisse vous soumet une idée, soutenez-le. Allez à leur rencontre.



jeudi 31 mars 2011

Conférence Père Gaël à télécharger

Une aumônerie "new style"

Allez voir ce que fait le Kato'Gang, aumônerie des jeunes à Guichen. Vous n'avez qu'à cliquer !

Site de l'Aumônerie de Guichen

"Nous voulons connaître Jésus"


Témoignage du Père Gaël Sachet

Les jeunes, je les rencontre essentiellement dans trois lieux différents :

-          A la paroisse, dans les activités proposées par la paroisse et à travers la vie d’un mouvement, comme les scouts à Vitré ou encore les équipes d’aumônerie ou de MEJ. De ce fait, il y a donc sur la paroisse un bon noyau de jeunes qui fréquentent régulièrement l’église ou les salles de la maison paroissiale.
-          Dans le cadre du MEJ, comme aumônier diocésain, à l’occasion des rassemblements et des camps.
-          Dans les établissements d’enseignement catholique.

Ce qui me procure de la joie, auprès des jeunes, c’est de savoir qu’ils sont là. Un jeune qui a accepté de participer à une activité liée à l’Eglise, je trouve que c’est extraordinaire, parce qu’il pourrait être ailleurs. Et pourtant non, il est là, parce qu’il prépare sa confirmation, parce qu’il a envie d’approfondir sa foi. Même en petit nombre, des jeunes acceptent de se mettre à la suite du Christ et je trouve ça formidable. Et les jeunes s’attirent entre eux ! Nous, on propose des choses. Il y en a quelques-uns qui répondent, et s’ils ont trouvé la rencontre intéressante, alors ils invitent leurs copains-copines pour la fois d’après ! Ils aiment à se retrouver entre eux dans des lieux propices à la rencontre et à la discussion. Il y a les cafés, mais il y a aussi les maisons paroissiales ! C’est un nouveau concept !


Ce que je ressens, à leur contact, c’est leur soif de vérité et leur désir d’authenticité. Bien sûr, c’est parfois difficile de les cerner : entre celui ou celle qui n’ouvre jamais la bouche, ou si peu, pour dire qu’il est d’accord avec ce que les autres pensent ; entre celui qui rigole tout le temps ; entre celui qui est dans la provocation quasi-permanente, ou telle autre qui parle sans arrêt.


Ce dont ils ont besoin, ce sont des lieux d’écoute, de parole et de confiance. Là où il y a un adulte, ou une équipe d’adultes prêts à les écouter, là il y a des jeunes. Ce qui manque, ce ne sont pas les jeunes, ce sont les accompagnateurs de jeunes ! Peut-être parce qu’on a peur, qu’on n’ose pas, qu’on se sent trop en décalage. Et pourtant, ce n’est pas une question d’âge. Si on a réellement le désir d’entrer en contact avec des jeunes, d’une manière ou d’une autre, ils le sentent bien, peu importe l’âge de la personne. Entre prendre un peu de temps pour écouter un jeune, ou dormir sous la tente trois semaines en pleine nature, pour un camp d’été, c’est à chacun de juger là où il se sentira le plus à l’aise ! Il y a pleins de manières de se mettre au service des jeunes…


Et ce que je trouve beau, c’est de constater que quand ils se sentent à l’aise avec l’un ou l’autre adulte, alors ils ouvrent leur cœur pour dire leur foi, pour dire leurs doutes, leurs agacements ou leurs colères. S’il n’y a personne, ça reste enfoui, et c’est très embêtant.

Depuis que je suis arrivé à Vitré, je suis passé dans toutes les classes de 1ère et de Terminale du lycée Jeanne d’Arc, qui est à la fois un lycée d’enseignement général, technologique et professionnel, et je suis passé aussi dans toutes les classes d’un autre établissement qui s’appelle l’IPSSA, à Vitré. J’ai donc rencontré, classe après classe, environ 700 élèves. Je vous rassure : il n’y a pas 700 jeunes le dimanche à la messe à Vitré ! D’ailleurs, le but n’était pas là, mais d’abord d’aller à leur rencontre, là où ils passent une bonne partie de leur vie actuelle, pour qu’ils me disent ce qu’ils ont sur le cœur par rapport à la foi, par rapport à leurs croyances à eux, et que je leur parle aussi de ce qui me fait vivre. A part quelques exceptions, figurez-vous que ça a plutôt bien accroché. Et que les élèves m’ont étonné par leur sens de l’écoute, y compris en début d’après-midi au moment de la digestion. A part quelques-uns, la grande majorité avait l’attention captée par le fait qu’il y avait quelqu’un d’original en face d’eux. Et cette originalité, ce n’est pas le propre du jeune prêtre. C’est le propre du chrétien. D’être vrai et de vouloir, tant bien que mal, ressembler au Christ. « Voilà ce que je crois, voilà en qui je crois, voilà ce qui donne sens à ma vie ». Et je leur ai dit aussi : « Je n’impose pas mon point de vue, mais ce que je peux vous dire, le fait de parler de Dieu, c’est bien que vous l’entendiez au moins une fois dans votre année, puisque vous êtes dans un établissement d’enseignement catholique ».

Et chose étonnante, il est assez fréquent que je rencontre l’un ou l’autre jeune dans la rue, et plusieurs n’hésitent pas à venir me saluer : « Bonjour Père Gaël ». Cela, ils ne le font pas devant les autres dans la cour du lycée, ou alors rarement, mais ils le font dans la rue, là où c’est plus anonyme. Et je pense à ce jeune, en particulier, qui s’est arrêté pour me parler, la semaine dernière. Il voulait me dire « merci » parce qu’à la suite de mon passage dans sa classe, il avait été éclairé par rapport à une question personnelle qu’il portait en lui. Et il voulait me le dire. Ça fait au chaud au cœur. Et je me suis dit que ne serait-ce que pour un, ça valait le coup d’y aller.


A la caisse du Supermarché, il y a un mois et demi, j’avais dans mes courses, entre autres, une bouteille de vin, et j’entends une voix derrière moi : « regarde, le curé, il picole »… je me retourne et je vois deux jeunes que j’avais rencontrés dans la semaine. Et la bouteille de vin a été l’occasion de parler de l’alcool, surtout que eux, ils n’avaient pas que du vin !


Ce que je veux dire par là, c’est que les jeunes, ils sont là, ils circulent dans nos vies, à défaut de fréquenter le banc de nos églises, et que nous devons être, comme personnes, comme communautés, des signes vivants. Ils savent qu’en nous voyant, qu’en nous rencontrant, ils pourront discuter, et qu’ils se sauront accueillis. Et ça, ce n’est pas le monopole du jeune prêtre, même si ça peut aider, puisque ça fait partie de ma mission.


Ce qui m’étonne aussi, ce sont ces jeunes qui font la démarche volontaire de demander le baptême. Un jeune de 17 ans, actuellement, se prépare à Vitré. Début mars, j’ai rencontré un garçon de 15 ans, et une lycéenne de 17 ans. Ils demandent eux aussi le baptême. Et en réclamant le baptême, leur demande est claire : nous voulons connaître Jésus. Nous voulons approfondir les valeurs de l’Evangile, dont on essaie de vivre, mais sans connaître l’Evangile. On veut aller boire à la source !
Cette source, c’est le Christ, et à travers notre Eglise, s’ils se sentent accueillis et aimés, alors ils iront loin, très loin. Quand il y a une messe animée par les jeunes, ce n’est pas une messe pour les jeunes. C’est une messe pour tous. Alors, il faut être là. Il ne faut pas fuir. Il faut même les encourager, et aller les voir à la sortie de la messe pour leur dire que c’était bien, même si le rythme des chants n’est pas tout à fait celui de notre répertoire habituel.


Les jeunes aiment la fête, ils aiment se rassembler, ils aiment être avec d’autres, et en particulier à la messe. C’est donc en leur laissant une place qu’ils auront le goût de l’Eucharistie, le goût de la communauté.


Ils aiment quand il y a du bruit, mais ils aiment aussi le silence, parce qu’ils en ont besoin.


Et ce qui m’étonne le plus, au MEJ, en particulier, c’est de voir comment on est capable de passer d’un grand moment d’euphorie à un silence priant, en quelques secondes seulement. Ce n’est pas une blague. C’est réel. On l’a vécu pendant le camp ski du MEJ, avec 40 jeunes. On l’a vécu à 1500 au rassemblement national de Quimper, après Noël. Et avec les jeunes du monde entier, c’est certainement ce qu’on va vivre aussi pendant les JMJ de Madrid.

Alors, pour conclure, je dirai que les jeunes ont besoin de se savoir et de se sentir écoutés, entendus et aimés. Ils n’aiment pas les grandes théories, les idées toutes faites. Mais ils ont soif de connaître. Ils ont soif de vérité. Ils ont ce désir que la Parole de Dieu leur soit rendue accessible. Ils sentent – c’est comme instinctif – si on les aime ou pas, si on est proche d’eux ou si on les prend de haut. Je sais aussi, et je l’apprends jour après jour, qu’il faut de la délicatesse avec eux. Attention à ne pas les heurter de face. Ils sont susceptibles. Susceptibles, parce que sensibles, mais susceptibles aussi de faire de grandes choses, et pour cela ils ont besoin de notre aide, de notre présence fraternelle ou paternelle. La jeunesse est belle et généreuse. J’en suis, à mon échelle, et humblement, le témoin.


Gaël Sachet, prêtre à Vitré

mardi 29 mars 2011

« Mission jeunes »… une question d'âge ?

« Mission jeunes »… une question d'âge ?

Marie-Renée Hardy
Responsable diocésaine de la Pastorale des Jeunes
L’année « Mission Jeunes » démarre dans notre diocèse…
Ne tournez pas trop vite la page : tout le monde est concerné !
Certes beaucoup de jeunes du monde entier auront les yeux tournés vers l’Espagne. Non seulement parce que les Espagnols sont champions du monde de foot, mais parce que le grand rendez-vous des Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ) s’y tiendra, à Madrid en août 2011.
Pourquoi donc tous les chrétiens d’Ille-et- Vilaine, quel que soit leur âge, pourraient-ils se sentir concernés ? Parce que la jeunesse est pleine de promesse. C’est l’âge des projets un peu fous, l’âge où l’avenir peut sembler compliqué, l’âge des choix importants pour toute sa vie d’adulte : que vais-je faire de ma vie ? Quel avenir pour moi ? Quel métier choisir ? Quel choix de vie faire ? Qu’est-ce qui est bon ? Tout est-il permis ? Et Dieu dans tout ça ?
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Marie-Renée Hardy, lors du pèlerinage diocésain des animateurs de jeunes en avril 2010, dans les pas du Curé d’Ars.
Les questions des jeunes ne sont pas toujours exprimées aussi clairement. Mais quand on prend le temps d’être avec eux, de les écouter, de vivre avec eux, à notre place d’adulte, en compagnon, ils nous apprennent beaucoup. Ils ont besoin de nous tous ! Les aînés sont responsables de la génération qui vient.
D’ailleurs cette jeunesse n’est-elle pas aussi jeunesse de Dieu ? Dieu sans cesse se donne, cherche l’homme, court au-devant de lui : « Adam, où es-tu ? » (Gn 3,9). Il veut faire toute chose nouvelle avec chacun de nous quelle que soit l’époque, la génération. Le témoignage des saints – Marcel Callo par exemple – nous enseigne cette jeunesse de l’Évangile qui change une vie et lui apporte une nouveauté extraordinaire. Avec Dieu tout est possible ! Si nous sommes « enracinés et fondés en Christ, » nous découvrirons cette jeunesse de la foi qui nous fera avancer au large. Alors, « Mission Jeunes » : une question d’âge ? Oui pour tous les jeunes… de cœur !
Bonne année à tous !

Église, soit heureuse de demeurer jeune !

Église, soit heureuse de demeurer jeune !

Mgr Pierre d’Ornellas

Pourquoi une Année « Mission jeunes » ? Sans doute parce qu’il y a l’événement si important des Journées Mondiales de la Jeunesse à Madrid en août 2011. Mais aussi et surtout parce que notre Église, si dynamique à différents égards, est appelée à demeurer jeune, de la jeunesse de l’Évangile qui donne l’espérance, de la jeunesse de celui qui se sait aimé et qui, en raison de cet amour, avance confiant.
Les jeunes sont indispensables à notre société et à notre Église. Ils nous rappellent à quel point nous avons besoin de rester jeunes. Ils nous provoquent à l’accueil.
Mais comment demeurer jeune ?
En ayant un coeur qui a confiance, qui est ouvert aux autres et qui sait les accueillir. Être jeune, c’est avoir un coeur qui partage et qui y trouve sa joie, c’est accueillir l’inattendu et le recevoir comme un cadeau. C’est aussi avoir un coeur qui assume la difficulté même si celle-ci le blesse. Un coeur jeune est habité par un entrain, une volonté d’aller de l’avant. Un coeur jeune espère. Il n’y a pas d’âge pour un coeur jeune !
L’« Évangile de Dieu » est la source vive où s’abreuve un coeur qui reste jeune.
Plus le coeur est habité par l’Évangile, plus il regarde avec amour. Loin de voir d’abord ce qui va mal, il regarde le bien et s’en réjouit. Bienheureux les jeunes de coeur !
Les jeunes sont par eux-mêmes jeunes, qu’ils connaissent ou non l’Évangile. Mais n’est-il pas vrai que certains sont sans espérance ? Ou n’ont qu’une seule attente : celle du moment où ils « s’éclateront » avec des mélanges alcooliques ? Un coeur sans projet est vieux, ce qui est dramatique pour un jeune. Des jeunes portent parfois des fardeaux trop lourds, fardeaux de division, de trahison, de non respect d’eux-mêmes, d’impasse obscure qui ne leur laisse aucun espoir, aucun avenir. Des jeunes ont trop de questions, parfois vives, et ils ne rencontrent pas d’adultes qui les aident à trouver ce qu’ils cherchent. Prions pour les jeunes. Confions-les au Bienheureux Marcel Callo.
Comme il est bon que notre Église ait un cœur jeune  ! Elle regarde alors le bien que chacun porte en lui, malgré ses difficultés. Elle accueille ainsi les idées des jeunes ; elle les encourage, les conseille, affine leurs projets pour qu’ils puissent eux-mêmes les réaliser. Ceux qui ont rencontré le Christ ont soif de témoigner de Lui. Aidons-les dans leurs témoignages, leurs initiatives, leurs joies d’oser parler de Lui, en classe, en famille, auprès de leurs amis. Savez-vous qu’un prêtre de notre diocèse, récemment décédé à l’âge de 91 ans, a rencontré le Christ et trouvé sa vocation car, dans les années 1935, un jeune du nom de Marcel Callo lui a parlé du Christ à lui qui avait 16-17 ans ?
Les jeunes ne regardent pas en arrière mais plutôt, naturellement, vers l’avant.
Ils avancent d’autant plus qu’ils se savent aimés et qu’on a confiance en eux. Pour le sigle A.P.S (*), la lettre la plus importante est la première, A, qui est celle de l’amour. Aimer les jeunes, avoir confiance en eux, les écouter pour cheminer avec eux vers les réponses qu’ils attendent, est si essentiel  ! Mais il est tout aussi essentiel que les jeunes aient confiance dans des adultes, puissent tout leur dire parce que ces adultes sont là, à leur côté, présents. La jeunesse de coeur, « jeunes et vieux ensemble »(Jr 31, 13), c’est un échange de confiance. Dans l’Église, la Béatitude des jeunes de coeur est vécue quand nous avons mutuellement confiance les uns dans les autres, que nous avançons ensemble dans le respect du chemin de chacun et que nous nous partageons le trésor qui nous habite, la foi qui nous illumine, la Parole qui est vie pour nous. Que notre Église soit heureuse de demeurer jeune !
(*) Animateur en Pastorale Scolaire.

Présentation de l'Année Mission Jeunes

Cliquez ici
Pourquoi l'Année Mission Jeunes

Une initiative Jeunes : la web TV jeunes du diocèse

Retrouvez ici les vidéos d'HHTV Happy Hour TV.
HHTV

Merci P. Nicolas !

Les souvenirs de la journée scoute Année Mission Jeunes

Journée Scouts et Guides 20 mars 2011

Les jeunes : chance pour l'Eglise !

Le Frère Yves combeau n'a pas écrit son intervention. Il vous invite à lire son livre "Heureux les Jeunes de coeur" que l'on peut commander à cette adresse :
 <a href="http://www.yvescombeau.fr/commander-mes-livres"></a>
ou acheter à la librairie catéchétique à la Maison diocésaine.